> Voyage autour de ma chambre.
Ce livre a été écrit par Xavier de Maistre. A ne pas confondre avec son frère Joseph de Maistre, représentant de la pensée réactionnaire et contre-révolutionnaire. Il l’a écrit en 1794. Il était lui-même confiné en prison pour s’être battu en duel. Il a écrit une suite : "Expédition nocturne autour de ma chambre ". Il décrit un voyage de 42 jours dans sa chambre et invite les autres : " que tous les malheureux, les malades et les ennuyés de l’univers me suivent ! "
> Le cycle de Fondation et le cycle des robots d’Isaac Asimov.
Un monument de science fiction. A la base, Isaac Asimov écrit une nouvelle, puis un recueil de nouvelles, puis un roman et un cycle de romans sur le postulat : qu’arriverait-il si les humains créaient des robots ? Plus tard, le même Isaac Asimov imagine un scientifique qui prétend prédire l’avenir des sociétés en exploitant les confins des mathématiques, de la sociologie et des statistiques. Cela donne un nouveau cycle de romans… Puis l’auteur fait se rejoindre les deux ! C’est foisonnant tout restant très simple, presque enfantin, à lire.
> Le cycle de Dune.
Oubliez les ratés au cinéma et à la télé. L’oeuvre de Franck Herbert est tellement riche, foisonnante, passionnante, complète, inspirante que la traduire sur quelque écran que ce soit est hors de portée d’une vie humaine. On peut relire Dune et ses suites 5, 8, 10 fois et y trouver du grain à moudre à chaque fois.
Dune de Franck Herbert, une histoire riche, foisonnante et passionnante.
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> Sur la route du Danube, d’Emmanuel Ruben.
La traversée de l’Europe en vélo d’Est en Ouest. 4.000 km parcourus entre Odessa et Strasbourg le long du Danube, de son delta à ses sources. Une lecture qui permet de s’évader, un luxe en ces temps de confinement. Les paysages défilent, éblouissants souvent, inquiétants parfois et toujours en premier ou arrière-plan, ce fleuve auprès duquel vivent des peuples si différents et qui forment pourtant une seule et même Europe. En ouvrant cet ouvrage, ce sont les pages de l’histoire et de la géographie du vieux continent qui sont tournées.
> Mémoires vives.
L’autobiographie d’Edward Snowden apporte beaucoup d’eau au moulin de tous ceux qui se méfient des réseaux sociaux et de leur fichage généralisé. Elle en dit long sur la manière dont, qu’on le veuille ou non, notre vie n’a plus de secrets pour les services du même nom… A la manière d’un polar, le jeune hacker devenu espion numérique de haut vol pour le compte des Etats-Unis, raconte avec brio la dérive de son pays vers un régime de surveillance systématique. Non sans donner quelques précieuses clés pour déjouer les pièges du web. Souriez, vous être fichés !
> La Fabrique des salauds, de Chris Kraus.
Si un " pavé " de 900 pages ne vous effraie pas, lancez vous dans cette saga familiale. Deux frères et une soeur originaires de Lettonie deviennent de zélés serviteurs du régime nazi dès lors que l’Allemagne envahit leur pays en 1941. Après qu’ils ont atteint les plus hautes sphères hitlériennes, on les retrouve après la guerre agents des services de renseignement soviétiques, américains et même israéliens. Une histoire époustouflante servie par une belle écriture et des traits d’humour, ce qui ne gâche rien.
La Fabrique des salauds de Chris Kraus, une saga familiale historique à couper le souffle !
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> L’Odyssée d’Homère.
Un grand classique, le périple d’Ulysse pour rentrer chez lui retrouver sa belle Pénélope et son fils Télémaque sur sa bonne île d’Ithaque ena marqué plus d’un. En cette période de confinement, cette lecture permet une évasion dans le temps (la Grèce antique), dans l’espace (le pourtour méditerranéen), dans l’imaginaire (celui du poète Homère et de la mythologie grecque) et dans le style d’écriture.
> Rouge Brésil de Jean-Christophe Rufin.
Le Prix Goncourt 2001 fait voyager dans le temps (le XVIe siècle) et dans l’espace (traversée de l’Atlantique et tentative de création d’une colonie française au Brésil), à travers les aventures extraordinaires de deux adolescents, avec un dénouement étonnant, à connotation écolo.
> A la recherche du temps perdu de Marcel Proust.
Autre grand classique qui correspond bien à ce qui nous arrive, tout ce temps perdu mais en recherche… Proust écrivait son souvenir avec sa grand-mère quand ils partaient en train en vacances en normandie. Voyager, ce que nous ne pouvons plus faire…
> Méditer jour après jour de Christophe André.
Le psychiatre et psychothérapeute propose avec cet ouvrage un manuel très abordable pour apprendre à méditer. Vingt-cinq leçons pour vivre en pleine conscience et ces temps de confinement se prêtent particulièrement à l’exercice. A la lecture des textes qui permettent de comprendre toute l’utilité, tous les bénéfices de la pleine conscience, s’ajoutent des peintures qu’il convient de regarder posément, pour en comprendre la profondeur. La première phrase de l’ouvrage est une véritable invitation au voyage immobile : " Vivre en plein conscience, c’est régulièrement porter une attention tranquille à l’instant présent."
> Le gang de la clef à molette, d’Edward Abbey.
On dit de ce livre paru en 1975 qu’il fut l’un de ceux qui donnèrent naissance aux premiers mouvements écologistes radicaux aux Etats-Unis. Ils racontent l’histoire de quatre révoltés déjantés qui partent en croisade dans l’ouest américain contre l’urbanisation et la destruction des grands espaces par des promoteurs. Armés de leurs seuls bâtons et clefs à molette, ils sont prêts à tout. Et en plus, c’est drôle !
Le Gang de la clef à molette, un manifeste déjanté pour la préservation de l’environnement dans l’ouest américain.
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> Ersatz, de René Fallet.
Auteur des génialissimes Vieux de la vieille, La soupe aux choux, Le beaujolais nouveau est arrivé ou Paris au mois d’août (tous portés à l’écran avec plus ou moins de réussite), René Fallet signe avec Ersatz (paru en 1975) un roman d’une truculence sans égal, basé sur un scénario dingue : non, Adolphe Hitler n’est pas mort (c’est un sosie que l’on a retrouvé dans le bunker) et il coule une retraite paisible dans une maison de retraite à Nuremberg. C’est drôle et décalé à souhait, comme sait le faire René Fallet.
> Le grand café des brèves de comptoir, de Jean-Marie Gourio.
L’auteur sort un nouvel opus de ce grand classique quasiment chaque année (comme le dictionnaire finalement). Ca se picore comme des cacahuètes et ça se lit facilement. Les brèves de comptoir sont de grandes vérités empruntes de bon sens, parfois de mauvais goût et complètement absurdes, du genre ; " Jésus sera mort sans jamais avoir vu la neige " ou encore " si on croit en la réincarnation et que l’on est réincarné en dent de devant, il vaut mieux aimer les sourires ".
> La panthère des neiges, de Sylvain Tesson.
Dans ce roman, l’écrivain, spécialiste des grands voyages, est invité par le photographe animalier Vincent Munier à la poursuite de la panthère des neiges. Pour trouver ce félin difficile à approcher, les deux hommes vont arpenter les plateaux du Tibet en faisant preuve d’une grande patience qui tranche avec le rythme de la société. L’occasion de contempler des yacks, des loups et d’autres espèces vivant dans un monde où la présence de l’homme se fait rare.
> La poétique de l’espace (Gaston Bachelard), Vendredi ou les limbes du Pacifique (Michel Tournier), Le joueur d’échecs (Stefan Zweig), La Vagabonde (Colette), Robinson Crusoé (Daniel Defoe), l’intégrale de La Pléiade, Michel Foucault, René Descartes, les romans de Jack London… encore plein d’ouvrages pour assouvir nos besoins de grands espaces. Entre confinement et solitude forcée, ces lectures permettent un recul sur soi, le calme intérieur, de songer à ce que nous dira cette période sur notre rapport à nous-même, à nos essentiels et aux valeurs profondes de la vie.
Vendredi ou les limbes du Pacifique, pour s’échapper et assouvir des envies d’ailleurs.
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